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SUTRAS

 

Le bouddhisme Mahayana a généré de très nombreux sutras. Quelques-uns sont particulièrement vivants car ils sont chantés dans chaque dojo zen le matin après zazen et font donc intégralement partie de la pratique actuelle du zen en Europe.

Ces sutras sont généralement chantés dans leur langue originale qui traduit une vibration et un rythme associé, semblable à un mantra, qui agit naturellement sur le corps et l’esprit, et les régularise. Chantés ensemble par la communauté ils participent à densifier l’harmonie entre tous, coupent le flux des pensées récurrentes et focalisent l’énergie de tous sur un chant commun. Le souffle, la tonalité partagée par tous, l’énergie dégagée, l’harmonie des voix et du rythme des instruments créent un recueillement bénéfique, un équilibre interne de chacun ainsi qu’une joie partagée. Le chant des sutras jaillit du silence de zazen et permet à chacun de s’extérioriser à nouveau avec bonheur.

 

TAKKESA GE

Appelé également le sutra du kesa. Il est chanté en signe de vénération du kesa, l’habit de Bouddha. Aussi, avant de s’en draper, le met-on au-dessus de soi-même, c’est à dire dans la position la plus élevée, posé sur sa tête en chantant silencieusement par trois fois le Takkesa Ge. Lors des sesshins, ce sutra est chanté en chœur à voix haute par tous, assis, à la fin du zazen du matin, avant de s’en vêtir.

(Texte et traduction)

 

HANNYA SHINGYO

Il est appelé Le Sutra du Cœur car il représente le cœur de la grande sagesse. Il fut écrit entre le 1er et le 6ème siècle de notre ère. Commun à toutes les lignées du bouddhisme, il est certainement le sutra le plus connu. Le bodhisattva Avalokitesvara donne un enseignement à Sariputra sur la vacuité de tout être et de toute chose, car aucun d’eux ne possède de caractère fixe ni substantiel. Tout est impermanent et existe en interdépendance et non uniquement par soi-même.

L’Hannya Shingyo est chanté lors de la cérémonie qui suit les périodes de pratique matinale de zazen.

(Audio)  –  (Texte et traduction)

 

SHIGU SEIGAN MON

Ce court sutra représente l’idéal du bodhisattva constitué par ses quatre vœux fondamentaux, dont le premier – sauver tous les êtres – englobe les trois autres. Chanté tous les matins, ce sutra nous rappelle la mission la plus élevée du pratiquant du bouddhisme mahayana en ce monde, comme être humain. Chaque jour il renouvelle ses vœux et fait de son mieux pour les mettre en pratique et ainsi faire tourner la Roue du Dharma en suivant l’enseignement du Bouddha.

Il suit l’Hannya Shingyo lors des cérémonies.

(Texte et traduction)

 

EKO

Ce sutra est une dédicace de la cérémonie à tous les grands maîtres cités. Tous les Bouddhas ou Patriarches ne font donc pas partie de cette récitation courte. Les plus importants de notre lignée soto, tels que Bouddha, Bodhidharma, Dogen, Keisan, Kodo Sawaki, Taisen Deshimaru et Niwa Zenji sont en revanche respectueusement cités et remerciés, ainsi que les maîtres vivants de notre lignée.

L’Eko est récité lors des cérémonies du matin.

(Texte et traduction)

 

FUEKO

Ce sutra est une invocation universelle qui souhaite à tous les êtres sensibles de s’éveiller à la Voie de Bouddha.

Il est récité lors de la courte cérémonie du soir qui clôt la journée.

(Texte et traduction)

 

JI HO SAN SHI

Ce sutra qui clôt la cérémonie est chanté en signe de gratitude à tous les Bouddhas et les Patriarches. Il est généralement accompagné par sampaï (sam signifie trois et paï prosternation), trois prosternations.

(Texte et traduction)

 

FUKANZAZENGI

Ce sutra écrit par Dogen présente l’essentiel de la pratique de zazen. Il contient des conseils pour la pratique de zazen, tant au niveau de la posture assise que de l’état d’esprit. On y retrouve les termes de pensée, non-pensée, et au-delà de la pensée (hishiryō). Hishiryō est un terme difficilement traduisible en français et représente l’un des concepts les plus essentiels de l’école Zen soto pour décrire l’état de conscience qui domine la pratique de zazen. Cet état d’esprit ne consiste pas à couper les pensées mais à les laisser passer sans les entretenir, ni les interpréter.

(Audio)  –  (Texte et traduction)