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Quatre réflexions sur le samsara

Quelques réflexions sur le samsara.

Si nous arrivons à comprendre ce qu’est vraiment le samsara, alors nous pouvons dégager notre esprit de ses entraves et lui permettre d’accéder à une perception éveillée. Bien sûr originellement le samsara fut vu comme une pérégrination au cours de vies successives jusqu’à ce que le karma soit totalement épuisé. Plus simplement on peut voir le samsara comme notre pérégrination à travers nos journées. Chacune d’entre elles est nouvelle, nous vivons chaque jour, chaque jour apporte de nouvelles expériences.

Il s’agit de transformer notre vision imprégnée du karma, vision toute personnelle et faite de nos propres perceptions, des incidences des apparences extérieures, de notre naissance, notre éducation, et de nos actes. Si nous perpétuons notre vision influencée, voire dominée, par notre karma celle-ci nous conduit à nous attacher à nos pensées, aux objets et nous en concevons de l’attachement. Le samsara est une notion de notre esprit, si nous ne le voyons pas clairement cela alors on continue à se complaire dans des actions qui sont imprégnées par notre karma et il est impossible d’atteindre, de réaliser, l’éveil parfait et la libération de notre esprit dans cette vie même.

C’est une transformation, la pratique doit conduire à une transformation. Si nous voulons tout garder, ne rien changer, ne rien abandonner, alors quelle transformation la pratique peut-elle vraiment apporter. Nous fermerions nous-mêmes notre propre espace de liberté, de changement et donc d’éveil.

Il faut accepter d’être transformé par notre pratique, accepter que sa vie se transforme, accepter de changer notre vision purement personnelle de la vie. Sinon nous ne ferions que perdre notre temps, même avec la pratique. L’enseignement de Bouddha est aussi un enseignement de transformation, il doit nous conduire à notre propre transformation.

II y a quatre pensées, quatre réflexions profondes qui vont nous aider :

  1. Réaliser la chance d’avoir une précieuse vie humaine, l’apprécier. Nous sommes nés humains, c’est déjà difficile à obtenir, alors réjouissons-nous.

Dans les 6 mondes du samsara, les 6 mondes de la roue de l’existence, le monde humain est le monde de la décision, un monde dans lequel nous sommes conscients de nous-mêmes. Dans ce monde nous pouvons nous dédier au développement spirituel. Lorsque nous avons la chance de pouvoir subvenir à nos besoins vitaux, se nourrir, se vêtir et avoir un endroit pour dormir, il est alors temps de cheminer sur la route de l’éveil et d’éliminer notre ignorance : croire à notre existence purement individuelle et particulière, que nous sommes les uniques personnes au monde, croire que nous possédons quoi que ce soit en propre et que nous sommes les élus du monde. Les êtres non-éveillés restent à tourner dans ces mondes inférieurs, par leur karma, leur soif d’existence, enchaînés aux diverses conditions de leur vie qu’ils croient inéluctables et réelles et souffrent en vain.

Parmi toutes les existences terrestres, l’existence humaine est rare. Le fait de pouvoir avoir une conscience de soi-même et de ses actes n’est pas donné à toutes les espèces. Le fait d’être libres non plus. Il s’agit d’une part de s’en réjouir et aussi de rétrocéder par le don ce que nous avons reçu.

  1. La réflexion sur l’impermanence et la certitude de notre mort. C’est à dire se rendre compte de la fragilité de notre vie humaine qui nous conduit alors à pratiquer une voie spirituelle. C’est de la chance.

Lorsqu’on est jeune, on ne se rend pas compte de ce qu’est vraiment l’impermanence. Nous avons tellement de temps devant nous, nous croyons que les choses peuvent rester comme elles sont, permanentes, comme si nous étions immortels. Un jour ou l’autre nous serons rattrapés par notre propre impermanence. Là nous nous rendons compte de la fragilité de notre existence, comme celle de toute existence. C’est un choc, généralement.

Se lancer dans une Voie spirituelle correspond à changer sa vie, à adopter une vision différente de notre existence et à abandonner nos attachements personnels. C’est pourquoi si peu de gens se lancent sur un tel chemin. Quand je travaillais comme médiateur au CERN, il était facile d’obtenir des accords dans la mesure où les gens avaient l’impression de gagner quelque chose. Il était beaucoup plus difficile d’y arriver s’ils devaient abandonner quelque chose. La Voie spirituelle n’est pas de gagner encore plus pour notre Moi, mais bien d’abandonner les couches illusoires que nous avons accumulées et qui nous empêchent de retrouver notre nature originelle, notre nature de bouddha, calme et tranquille et d’accepter la fragilité de notre vie humaine.

Profitez de votre vie et faites le bien autour de vous.

  • Etudier notre karma, comprendre l’importance d’adopter une conduite sincère, éthique, favorable à tous. Comprendre ce que nous sommes, d’où nos venons. On peut alors se détacher de ces emprises.

Comprendre son karma, d’où nous venons, comprendre son esprit est très important, sinon nous en resterons les marionnettes. Si nous ne comprenons pas notre esprit, alors nous allons continuer à être l’objet des circonstances et continuer à croire que nous sommes les objets des circonstances. Lorsque nous comprenons notre karma, que nous comprenons qu’il n’a pas d’existence propre mais n’est qu’un phénomène que nous créons à l’intérieur de notre esprit, nous passons à une vue symbolique de notre histoire, nous pouvons alors l’utiliser de façon positive.

Par exemple si vous êtes en proie à un karma d’action, que vous avez besoin d’agir pour être en équilibre avec vous-mêmes, alors utilisez-le pour agir positivement.

Qu’est-ce qu’une conduite éthique ? On pourrait dire une conduite qui participe au bien de tous, c’est simple.

  1. Qu’est-ce que le samsara ? C’est un mode de perception illusionné, une attitude d’esprit erronée face à la vie. Une vision de notre esprit marqué par des comportements karmiques qui conditionnent alors notre vie. Changer son esprit, se transformer.

Se transformer, qui ne rêve pas de se transformer, d’avoir une vie libre, qui ait un sens, qui soit pleine et bénéfique à tous, au lieu de s’accrocher aux phénomènes qui n’ont aucune existence propre.

Pour cela il faut comprendre vraiment que notre Moi n’est qu’une construction que nous faisons nous-mêmes, c’est une idée, très limitative à notre légèreté de l’être. Si nous ne voyons pas cela alors nous le consolidons, le protégeons, croyons en son existence propre et nous y attachons. C’est la source de beaucoup de maux. Par exemple la séparation d’avec les autres, d’avec la nature, d’avec les autres espèces sensibles et non sensibles comme les montagnes, l’eau, la terre. Et nous les voyons à notre service au lieu de les protéger. Et on court alors au désastre de tous, nous-mêmes y compris.

Par la pratique sincère et régulière, au-delà des circonstances, c’est à dire au-delà de comment nous voyons les circonstances, la covid, la défaite, dégageons notre esprit et devenons des êtres totalement éveillés. Pour cela les moyens habiles de la pratique de la méditation, des paramita, les actions transcendantes, sont essentiels. Le samsara est notre vision du samsara, on peut la changer. Nous sommes les acteurs, et non les spectateurs, nous dirigeons notre esprit vers les vertus bénéfiques.

La bonne nouvelle est que cela est possible mais demande au début de grands efforts. Pour cela il faut décider. Justement décider fait partie du monde humain.

Ryokan est un moine et ermite japonais de la fin du 18ème siècle et début du 19ème. Sa douceur et sa vie simple ont fait de lui une grande figure populaire.

Quelques poèmes de Ryokan qui expriment la légèreté du zen.

Nuage flottant je n’attends plus rien

Et laisse mon corps suivre

Le vent à sa guise

 

Comme un mince filet d’eau

Se frayant un passage entre des rochers

Couverts de mousse

Aussi allègrement j’ai traversé cette vie

 

La vie en ce monde à quoi la comparer

A un écho qui se propage

Et se perd dans le vide

 

Ce que le vénérable Bouddha enseigna

Transmis jusqu’à aujourd’hui

M’emplit de gratitude

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